Demain nous appartient est tournée à Sète, ville du littoral héraultais coincée entre la Méditerranée et l’étang de Thau. Depuis 2017, le feuilleton quotidien de TF1 utilise les rues, les quais et le mont Saint-Clair comme décor permanent, attirant chaque année des milliers de visiteurs en quête des façades aperçues à l’écran.
Mais la série ne se limite pas aux extérieurs. Une partie des scènes est filmée en studio, sur une surface dédiée où coexistent plus d’une quinzaine de décors reconstitués. Comprendre la répartition entre tournage en extérieur et plateau permet de mesurer ce qu’un visiteur peut réellement identifier sur place.
Tournage en studio ou en extérieur à Sète : ce que montre vraiment la série
La confusion la plus fréquente chez les fans qui se rendent à Sète concerne la frontière entre les vrais lieux et les décors de studio. Certains bâtiments n’existent qu’en façade dans la ville, les intérieurs étant entièrement reconstitués sur le plateau de tournage.
| Lieu visible dans la série | Tournage extérieur (Sète) | Intérieur en studio |
|---|---|---|
| Le Spoon (bar) | Oui, façade au 6 quai Aspirant Herber | Oui, toutes les scènes intérieures |
| Maison de Chloé | Oui, décor extérieur permanent | Oui |
| Maison des Beddiar | Façade utilisée uniquement pour les plans d’illustration | Oui |
| Appartement de la colocation (Quartier Haut) | Oui, extérieur dans le Quartier Haut | Oui |
| Yacht de Victor Brunet | Oui, bateau amarré à Sète | Non, tourné à bord |
Le Spoon illustre bien ce décalage. Dans la série, il apparaît comme un bar de bord de canal. En réalité, le local au quai Aspirant Herber sert uniquement pour les prises de vues extérieures. Depuis juillet 2019, il a été transformé en boutique de produits dérivés liés à Demain nous appartient et à la ville de Sète.

La maison des Beddiar, elle, n’est filmée que pour quelques secondes de transition. Un visiteur qui chercherait à y entrer n’y trouverait aucun rapport avec ce que la fiction montre.
Catastrophes fictives à Sète : séisme, explosion et perception des habitants
La production de Demain nous appartient a multiplié les intrigues spectaculaires ancrées dans le décor sétois. Séisme, explosion du lycée, crash d’avion, et une nouvelle catastrophe annoncée pour la rentrée avec, selon la presse spécialisée, de nombreuses victimes fictives à la clé. Ces scénarios transforment des lieux ordinaires en décors de crise.
Pour les téléspectateurs, ces séquences renforcent l’identification de Sète comme une ville de fiction. Pour les habitants, la répétition de catastrophes fictives crée un décalage avec la réalité urbaine. Un quai paisible devient le théâtre d’une prise d’otages, un lycée de quartier se retrouve soufflé par une explosion scénarisée.
Ce phénomène produit deux effets mesurables sur le terrain :
- Un afflux touristique lié à la série, avec des milliers de visiteurs qui arpentent les lieux de tournage en bateau ou à pied, selon la presse locale
- Une saturation ponctuelle de certains espaces publics pendant les jours de tournage, où rues et quais sont mobilisés par l’équipe de production
- Un décalage entre l’image dramatisée de la ville à l’écran et le quotidien tranquille d’une commune méditerranéenne de taille moyenne
Les intrigues « délocalisées » reconfigurent la perception des lieux quotidiens des Sétois. Un habitant du Quartier Haut voit sa rue associée à une intrigue criminelle par des millions de téléspectateurs. Cette double identité, entre fierté d’apparaître sur TF1 et lassitude face aux contraintes logistiques, structure le rapport de la ville à sa série.
Reconnaître les lieux de tournage de Demain nous appartient au quotidien
Identifier les décors réels de la série dans Sète demande de savoir ce qui est accessible et ce qui ne l’est pas. Le bar Le Spoon, transformé en boutique, reste le point de repère le plus facile à trouver : il se situe face au quai de la Marine, le long du canal.
La maison de Chloé constitue un décor extérieur permanent de la série. Sa localisation exacte n’est pas officiellement communiquée par la production, mais les fans réguliers la repèrent sans difficulté.

Le Quartier Haut, perché sur les pentes du mont Saint-Clair, accueille plusieurs plans récurrents. C’est là que se trouve l’appartement de la colocation de Victoire et Georges. Les ruelles étroites et les façades colorées de ce quartier apparaissent régulièrement dans les transitions entre scènes.
Le yacht de Victor Brunet, amarré dans le port, est un bateau réel. Sa taille imposante le rend repérable depuis les quais, même en dehors des périodes de tournage.
Demain nous appartient et le tourisme à Sète : données et retombées
La série est regardée quotidiennement par plus de trois millions de téléspectateurs sur TF1. Cette audience a généré un flux touristique spécifique vers Sète, distinct du tourisme balnéaire classique. Des visiteurs viennent en pèlerinage sur les lieux de tournage, parcourant les quais et le centre-ville caméra en main.
L’office de tourisme local a intégré cette demande. Des visites guidées dédiées aux lieux de tournage de Demain nous appartient existent, permettant aux fans de situer précisément les décors extérieurs utilisés par la production.
La série Candice Renoir, tournée à Sète depuis 2012, avait déjà attiré l’attention sur la ville avec près de cinq millions de téléspectateurs lors de sa dernière diffusion sur France 2. Demain nous appartient a amplifié ce phénomène en s’installant dans le quotidien des Français, cinq soirs par semaine.
En revanche, cette visibilité télévisuelle permanente pose la question de la capacité d’accueil. Les jours de tournage mobilisent des portions de voirie, et la cohabitation entre équipes de production et vie locale reste un sujet récurrent pour les riverains. La fierté d’être « la ville de DNA » coexiste avec les contraintes pratiques d’une production industrielle installée durablement dans le tissu urbain.
La prochaine catastrophe scénarisée, annoncée pour la rentrée, devrait à nouveau braquer les projecteurs sur des lieux précis de Sète. Pour les habitants, chaque nouvelle intrigue spectaculaire réactive ce cycle : curiosité nationale, afflux de visiteurs, puis retour au calme jusqu’à la prochaine explosion fictive.

